La Coptic Encyclopedia France-Copte.net
![]()
Méditations sur la vie et l’oeuvre
du Seigneur Jésus
Par son Eminence Abba Pishoï
L’aumône

Le Christ a dit: « Gardez-vous de
pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus; autrement, vous
n'aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. Lors donc que tu fais l'aumône, ne sonne
pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues
et dans les rues, afin d'être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en
vérité, ils reçoivent leur récompense.
Mais quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait
ta droite, afin que ton aumône se
fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Matthieu 6:1-4).
L’aumône
doit avoir un but louable
Le
Christ nous enseigne qu’une vertu n’est bonne que si elle a un but louable.
Comme le dit sa Sainteté le Pape shenouda III: « Toute vertu qui n’est pas imprégnée d’amour et d’humilité n’est
pas considérée comme vertu ».
Le
but de l’aumône doit être l’amour de Dieu, du prochain et du nécessiteux. Cette
vertu doit être pratiquée avec humilité et oubli de soi, car Dieu résiste aux
orgueilleux, mais il comble les humbles de grâces.
Le
Christ nous met en garde contre la pratique de l’aumône en public pour être vu
des autres. Celui qui agit ainsi perd sa récompense céleste car il a déjà reçu
celle des hommes.
Que
nous sert la reconnaissance des autres ? Peut-elle nous faire entrer au
Royaume des Cieux ? Non ! Au contraire, elle peut même nous en
éloigner. Ainsi, l’homme qui pratique l’aumône en public a non seulement perdu
sa récompense, mais de plus il risque de sombrer dans l’orgueil. Et la Bible
nous prévient: « L’arrogance précède
la ruine, et l’orgueil précède la chute » (Proverbes 16:18).
Que ta main gauche ne
sache pas ce que fait ta droite
Le
Christ a insisté sur l’importance de la pratique de l’aumône dans le secret: « Mais quand tu fais l’aumône, que ta
main gauche ne sache pas ce que fait ta droite » (Matthieu 6:3).
Le Christ nous demande par cette parole, de faire tout ce qui est en notre
pouvoir pour cacher l’aumône que nous faisons ... à tel point que même notre
entourage le plus proche ne doit pas en avoir connaissance. Mieux encore, que
ton propre coeur ne soit pas conscient de ce que fait ta main, de peur que tu
ne verses dans l’autosatisfaction. Au contraire, oublie le bien que tu as fait
pour penser à celui que tu n’as pas fait.
Certains
font don de leur argent sans compter, c’est-à-dire que le donateur ne connait
même pas le montant de son don: sa main gauche ne sait pas ce que fait sa
droite.
Saint
Abraam, évêque du Fayoum recevait les dons, cachés sous un linge. Au pauvre qui
venait à lui, il demandait de se servir sous le linge. Il était sûr que la
somme présente sous le linge avait été envoyée par le Seigneur spécialement
pour cet homme.
Saint
Abraam était miséricordieux avec les pauvres, sans jamais éprouver
d’autosatisfaction. Au contraire, sa miséricorde ne cessait d’augmenter, et le
Seigneur le comblait de ses grâces conformément à la parole: « L’âme bienfaisante sera rassasiée, et
celui qui arrose sera lui-même arrosé » (Proverbes 11:25).
De
même, Saint Abba Serapamon, surnommé « l’homme à l’écharpe », évêque
de Ménoufia, se rendait de nuit dans les maisons des pauvres, la face cachée
avec une écharpe, et il déposait des provisions au pied de leur porte. Puis il
frappait à la porte et s’empressait de partir pour que personne ne le voie.
Dans
leur grande sagesse, ces saints ne demandaient pas la gloire des hommes.
C’était Dieu qu’ils désiraient, et c’était l’amour des autres qui les motivait
à faire le bien. Ils ne demandaient aucune compensation pour
leurs dons: ni par des compliments, ni par de l’aide. Malgré cela, Dieu animait
le coeur de bien des gens pour prendre soin de ces saints. Ils n’ont pas
cherché à construire des demeures luxueuses mais ils nous ont laissé leur
exemple lumineux, et Dieu leur a accordé le don de guérison et celui de faire
des miracles, conformément à Sa parole: « Si
quelqu’un me sert, qu’il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon
serviteur » (Jean 12:26).
Servir
le Christ, c’est Le suivre sur le chemin de la Croix, du Golgotha et de l’oubli
de soi. Et c’est sur ce chemin que Dieu relèvera Ses enfants qui Le servent
avec humilité, en
ne cherchant qu’à
Lui
être agréable.
Retour vers le
Sommaire